Les dix mesures Douste-Blazy contre l'Alzheimer

SOURCE : SENIORSCOPIE

 

Avec l'annonce lundi 14 septembre 2004 des dix objectifs du Plan Douste-Blazy contre la maladie d'Alzheimer, la France prend en compte l'ampleur de la maladie. Chaque année, elle s'étend à 165 000 nouveaux cas, et tue 65 000 personnes sur un total de 800 000 malades qui devrait doubler d'ici 2025. Le Plan Douste-Blazy, inspiré notamment des travaux des professeurs Forette, Dartigues, Legrain et de leurs équipes, vise à accélérer la reconnaissance des symptômes, à offrir une assistance logistique aux patients, aux familles et au corps des soignants. D'ici 2007, les effectifs soignants des établissements devraient être renforcés, 13 000 places d'accueil temporaire créées, une évaluation cognitive mise en place dans les consultations de prévention à partir de 70 ans.

 

Philippe Douste-Blazy, ministre de la Santé et de la Protection sociale, s'est rendu, lundi 13 septembre,  au Centre Alzheimer de suivi et d'accompagnement (CASA) à Paris. Il devait être accompagné du président de l'association France Alzheimer, Jean Doudrich, et des professeurs Françoise Forette, présidente de la Société française de Gériatrie et de Gérontologie, Sylvie Legrain, chef du service de gériatrie de l'hôpital Bichat et Jean-François Dartigues, neurologue, directeur de recherche à l'INSERM.
A l'occasion d'un point presse, le ministre devait détailler les mesures-clés de son plan de lutte 2004-2007 contre la maladie touchant plus de 800 000 personnes, soit 18% des plus de 75 ans et 30% des plus de 80 ans.
La maladie d'Alzheimer atteint 165 000 personnes de plus chaque année et représente un énorme enjeu pour les politiques publiques, et l'accompagnement professionnel ou privé des malades, dont 65 000 décèdent annuellement.

 

1, 6 millions d'Alzheimer en 2025

 

Le nombre des malades atteints d'Alzheimer pourrait doubler d'ici 2025 et atteindre alors plus de 1, 6 millions de Français. Et pourtant, l'année 2025 marquera la fin des générations "creuses" dues au faible taux de fécondité des années de guerre. Rappelons qu'en 2026, les premiers baby-boomers (nés en 1946) fêteront leurs 80 ans, contribuant à former la plus importante cohorte de grands vieillards que le pays aura jamais connue. 2 millions d'Alzheimer en 2030 ? Oui si la prévention et le soins ne progressent pas.
A l'occasion de sa visite au CASA, le ministre de la Santé a déclaré : "La maladie d'Alzheimer est aujourd'hui un des problèmes médicaux les plus graves et les plus importants de la société moderne". Présentant le Plan Alzheimer, il a insisté sur la nécessité d'un diagnostic plus précoce : "Plus vite on diagnostique la maladie, plus vite on peut aider le malade, par l'intermédiaire de consultations mémoire." Il a ensuite évoqué la perspective de la création de "100 consultations-mémoire où l'on fait travailler les malades sur la mémoire, sur leur propre vécu pour améliorer et surtout retarder l'évolution de la maladie".

 

 

Dix propositions pour une approche globale

Reconnaissance de la maladie. Elle figurera désormais dans la liste des affections longue durée (ALD). D'où une prise en charge à 100%.

Prise en compte des besoins des familles. Trois millions de personnes sont actuellement concernées par la maladie d'un proche et bientôt six … Un "mémento Alzheimer" recensant les différentes modalités d'accueil et de prise en charge va être distribué.

Etablir précocement un diagnostic. Dès70 ans, une évaluation cognitive va être intégrée aux consultations de prévention prévues dans la loi de santé publique. Des Centres de mémoire, de ressource et de recherche seront labellisés. 100 nouvelles "consultations mémoire" de proximité seront créées, pour un budget de 15 millions d'euros. Mise en place de réseaux ville-hôpital pour améliorer la coopération entre soignants et médecins. Aux Etats-Unis, on note que souvent plusieurs années s'écoulent entre le début de la maladie et son diagnostic chez les conducteurs âgés.

Une meilleure information sur la maladie. Mallette avec guide pour les médecins, affiche pour les salles d'attente, livrets d'information pour les patients. Les divers supports d'information vont être développés. Ainsi, des aides seront-elles allouées aux groupes de parole et de soutien. Création d'une ligne téléphonique d'aide.

Améliorer l'accompagnement des malades à domicile. 13 000 places vont être créées en accueil de jour et hébergements temporaires

Renforcer l'encadrement par les soignants. 88 millions d'euros sont consacrés à tenter d'harmoniser davantage le taux d'encadrement français (0, 4 personne/malade) et ceux des autres pays européens (0, 8).

Une formation professionnelle améliorée. Diffusiond'un CD-Rom présentant la maladie et sa prise en charge sera diffusé. Formation de 300 personnes "à la relation et au comportement des professionnels de santé vis-à-vis du patient." (Le Monde, 14-09-2004)

Prendre en charge les malades en crise Des courts séjours gériatriques auprès des urgences, des gardes à domicile seront prévus. Ils permettront de soulager les aidants familiaux dont le stress et la fatigue détériore souvent la santé.

Disjoindre le cas des patients jeunes Des experts pluridisciplinaire réfléchiront à une meilleure prise en charge des malades de moins de 65 ans (65%)

Création d'un observatoire. Il aura pour objet le développement de la connaissance de la maladie. "L'accent sera également mis sur les cellules souches." (Le Monde, op.cit.)

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